ACTEURS
VIDÉOS
TENDANCES
Les espaces transfrontaliers, terres d’écueils
La série documentaire « Aménager à la frontière », créée par un collectif d’enseignants-chercheurs et financée par l’Agence nationale de la recherche, s’intéresse aux difficultés que rencontrent les communes françaises proches de la Belgique, du Luxembourg et de la Suisse, et dessine les contours d’une coopération transfrontalière en matière d’aménagement.
Le contraste est frappant entre l’omniprésence de la frontière dans le débat public d’un côté, et le désintérêt général pour les territoires transfrontaliers de l’autre. Or, le rythme de croissance de ceux-ci, parfois supérieur à celui des grandes agglomérations en raison du nombre d’actifs qui viennent y chercher un meilleur emploi et une meilleure rémunération – ils sont plus de 500 000 travailleurs à franchir chaque jour la frontière française – intéresse de près les urbanistes. Et notamment ceux du projet de recherche GeRTrUD – Gestion et régulation transfrontalière de l’urbanisation diffuse – lancé en 2020 pour rendre compte de situations et de pratiques différentes en matière de réglementation d’urbanisme dans cinq régions urbaines transfrontalières à la France : Bayonne-Saint Sébastien, Genève, Lille, Luxembourg et Strasbourg.
Une série de podcasts parue en mars offre une synthèse des travaux menés entre 2024 et 2026 par ce collectif d’enseignants-chercheurs dirigé par Joël Idt, professeur à l’Université Gustave Eiffel et Lab’Urba – un laboratoire de recherche francilien sur la ville et les territoires. Chaque épisode d’une vingtaine de minutes ausculte un territoire frontalier, en le situant dans son contexte historique et géographique pour mieux comprendre ses évolutions récentes et les difficultés qu’il rencontre. Car, si ces contrées limitrophes bénéficient d’un contexte économique favorable, les impasses auxquelles elles font face sont nombreuses : la Lorraine, qui accueille de plus en plus de Français travaillant au Luxembourg, présente un déficit d’équipements publics et d’infrastructures à sa frontière ; les communes françaises de l’agglomération genevoise – Annemasse, Annecy, Saint-Julien-en- Genevois – voient leurs prix immobiliers monter en flèche, ce qui pénalise fortement ceux qui travaillent en France ; et les habitants du village de Deûlémont dans le Nord subissent les nuisances de l’usine belge Clarebout Potatoes, laquelle répond aux normes de la Wallonie mais pas à celles de la France.
Aussi différentes soient-elles, ces situations découlent toutes d’une absence de coopération entre la France et ses voisins sur des sujets aussi importants que le logement, l’artificialisation des sols, les équipements publics ou le cadre de vie des habitants : le Luxembourg refuse catégoriquement de contribuer financièrement à l’aménagement des communes françaises en plein boom ; les négociations entre élus français et suisses pour coordonner la production de logements peinent à aboutir ; enfin, les acteurs français n’ont aucun moyen de connaître les projets d’aménagement de leurs homologues belges, et inversement. Lorsqu’elle existe, la coopération se limite à la mise en place de réseaux de transports communs, ou à la préservation d’un patrimoine naturel partagé comme celui de la vallée de la Lys allant du Pas-de-Calais à la Flandre belge.
Tensions grandissantes dans les communes frontalières
La réticence de ces pays à agir ensemble sur ces fronts, et les difficultés qui en résultent, engendrent des crispations chez les habitants de ces communes. Les écarts de salaire entre les travailleurs frontaliers et non-frontaliers creusent les inégalités économiques et créent un sentiment de déclassement parmi ces derniers. Audrey-Anne, une infirmière de 43 ans venue s’installer avec son mari à Saint-Julien-en-Genevois, commune frontalière avec le canton de Genève, explique ne pas avoir eu d’autre choix que d’accepter le logement de fonction qui leur a été proposé : « on a regardé ce qu’il y avait dans le parc privé, et on s’est vite rendu compte qu’au niveau des loyers c’était inenvisageable. […] Sans cette pression des très hauts salaires, on n’aurait peut-être pas ce sentiment d’être déclassés ». À la frontière franco-belge, les Deûlémontois, qui s’estiment oubliés des responsables politiques, se sont organisés pour faire entendre leur voix contre des projets qu’ils jugent néfastes pour l’environnement. Parmi ceux-ci, la construction d’un bassin de virement permettant aux grandes péniches de faire demi-tour sur la Lys, qui occasionnerait de nouvelles nuisances auprès des habitants.
Renforcer la coopération avec les pays voisins
Les trois épisodes donnent des pistes pour remédier à ces situations. La politique des « trois tiers » mise en œuvre dans l’agglomération d’Annemasse, imposant un tiers de logements sociaux, un tiers de logements intermédiaires et un tiers de logements libres dans toutes les opérations immobilières, augmente l’offre de logements abordables ; les maires français et les bourgmestres belges se rencontrent régulièrement pour échanger des informations sur les projets en cours et à venir. Cependant, ces réponses s’avèrent insuffisantes au regard des enjeux. « Les acteurs agissent dans des cadres institutionnels et réglementaires nationaux indépendants et ont des difficultés à construire ensemble des projets, à se coordonner, à concilier leurs intérêts et même parfois à dépasser les conflits » commente l’une des chercheuses affiliées au collectif GeRTrUD. Or, l’ampleur des transformations en cours dans ces territoires exige une plus grande coopération entre les États. Car, « pour celles et ceux qui y habitent au quotidien, la vie se joue bien des frontières ».
- Details
- By Théo LE FRANC
A Nantes Métropole, le levier OAP pour gagner de la hauteur
C’est la quatrième modification simplifiée (MS) du Plan local d’urbanisme métropolitain (Plum) de Nantes Métropole depuis 2019, année de l’adoption de ce document. Approuvé en conseil métropolitain le 6 février dernier, cette MS4 s’appuie notamment sur un levier nommé Orientation d’aménagement et de programmation (OAP) : « six nouvelles OAP sectorielles sont créées et 40 existantes sont modifiées », a précisé Pascal Pras, vice-président de Nantes Métropole chargé de l’habitat et de l’urbanisme durable.
- Details
- By David Picot
La Métropole de Lyon lance les premières opérations en Bail Réel Solidaire d’Activité (BRSA)
La Métropole de Lyon, à travers la Foncière solidaire du Grand Lyon, engage deux premières opérations en Bail Réel Solidaire d’Activité, dans deux quartiers de Lyon. Ce dispositif permet aux micro-entreprises d’avoir accès à des locaux d’activité à des prix décotés par rapport à ceux du marché, grâce au mécanisme de dissociation du foncier.
- Details
- By Valérie Gibault
Un projet partenarial d’aménagement pour piloter la réindustrialisation du bassin Fos-Berre
Un PPA après la ville nouvelle ? Territoire emblématique des politiques industrielles françaises, le bassin de Fos-Étang de Berre, dans les Bouches du Rhône, s’inscrit aujourd’hui au cœur des stratégies de réindustrialisation et de décarbonation. Pour accompagner ces mutations, l’État et les collectivités ont adopté un Projet partenarial d’aménagement (PPA), outil de coordination censé donner un cadre à la redynamisation de cet espace productif euroméditerranéen, cinquante ans après l’expérience des villes nouvelles.
- Details
- By William Allaire
Marseille : la SPLA-IN AMP lance un troisième AMI pour le recyclage d’habitat dégradé
La SPLA-IN AMP lance un troisième appel à manifestation d’intérêt pour poursuivre le recyclage de l’habitat ancien dégradé. Ce nouvel AMI repose sur une stratégie d’attributions progressives d’immeubles aux bailleurs sociaux.
- Details
- By William Allaire
Page 1 of 22

